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Déclaration de Versailles, l'UE serre les rangs

 

 

conseil européen versailles mars 2022


Membres du Conseil européen et Présidente de la Commission européenne
Photographe: Dati Bendo
© European Union, 2022

 

Réunis à Versailles les 10 et 11 mars 2022 pour un Conseil informel, les 27 chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de l’Union européenne ont rendu publique une Déclaration qui est un agenda de mesures à adopter pour trouver « les formes nouvelles de notre Europe » pour reprendre les termes d’Emmanuel Macron lors de la Conférence de presse du 11 mars.
 

Aussi bien l’adhésion accélérée de l’Ukraine, que des sanctions renforcées à l’encontre de la Russie (on pense à une interdiction d’importation de gaz) ou encore un engagement plus important pour arrêter les tueries de populations civiles ont été évoquées par les journalistes. Les réponses étaient prévisibles.
 

L’adhésion rapide est impossible en raison de la nécessité pour un pays candidat à l’adhésion de remplir des conditions juridiques, politiques, économiques qui nécessitent un examen qui peut prendre des années. Il suffit de rappeler, par exemple, que les pays candidats doivent être capables d’absorber l’acquis communautaire (l’ensemble de la législation européenne) ce qui est un bouleversement. La Déclaration de Versailles rappelle donc que l’Ukraine fait partie de la famille européenne, mais sans s’engager, pour le moment, sur son adhésion. Mais les termes sont forts et ils permettent de présager du renforcement des liens avec ce pays, lorsqu’il sera sorti de la guerre, dans la perspective de son intégration.
Les sanctions renforcées requièrent que tous les états soient d’accord. Or, l’arrêt des importations de gaz russe, on le sait, parait très difficile sinon impossible pour certains pays qui dépendent majoritairement (Allemagne) ou totalement (Finlande) de l’énergie provenant de Russie. Néanmoins, « toutes les options sont ouvertes », selon le Conseil, ce qui veut dire beaucoup ou rien.
Enfin, l’engagement de l’UE prend la forme d’achat d’armes (plus 500 millions d’euros attribués au titre de la « Facilité européenne pour la paix », ce qui double l’aide militaire de l’UE à l’Ukraine).

 

La Déclaration de Versailles est une démonstration de l’unité des européens, dans un lieu de surcroit symbolique, face à la Russie. Elle rappelle la nécessité de revenir aux fondamentaux qui ont présidé à l’intégration européenne : la paix, la prospérité, la sécurité, objectifs perdus de vue mais que le retour de la guerre sur le continent européen rappelle cruellement.
 

Et, on ne peut que le constater, la Déclaration de Versailles parle beaucoup plus de l’Union européenne et de son avenir, que de l’Ukraine.
 

La Déclaration fixe un agenda pour l’indépendance stratégique de l’UE (sa souveraineté comme on le dit aussi). Elle prépare aussi l'opinion publique aux difficultés à venir.
Parmi les principaux points
:
-    Défense et sécurité : définition au niveau communautaire des investissements nécessaires, des capacités à mettre en place, des besoins dans des domaines de conflictualité nouveaux (cybersécurité, spatial…), mise en place de filières européennes de défense. D’ici mai, une stratégie européenne d’investissement doit être bâtie.
-    Energie : les principaux points du Plan proposé par la Commission le 8 mars dernier, sont repris, en particulier les mesures concernant le pouvoir d’achat des particuliers et la trésorerie des entreprises impactées par le renchérissement des couts de l’énergie et de matières premières. De nouvelles réunions vont avoir lieu d'ici fin mars pour finaliser ces mesures ainsi que celles concernant le remplissage des installations de stockage.  D’ici mai, la Commission proposera des solutions alternatives au gaz russe pour parvenir à ne plus en importer en 2027. Un groupe de travail va être mis sur place pour constituer des stocks d’ici l’automne.
-    Stratégie alimentaire : les pénuries à redouter notamment en céréales rappellent que la souveraineté est également alimentaire. Une réévaluation de la stratégie de production s’impose ansi qu'une révision de la politique d'aide à l'Afrique qui sera très impactée par les pénuries.
-    Consolider la base économique de l’UE : des décisions d’investissement seront prises dans les prochains mois pour permettre à l’UE d’assurer son autonomie dans des domaines essentiels (semi-conducteurs, matières premières critiques c’est-à-dire celles qui « présentent un risque particulièrement élevé de pénurie d'approvisionnement dans les dix prochaines années et qui jouent un rôle particulièrement important dans la chaîne de valeur » : cobalt, lithium, terres rares, titane…).

Il reste encore bien des non dits. Et par exemple, celui du financement de tous les investissements nécessaires. Selon Emmanuel Macron, il faudra une réponse rapide et commune comme elle l’a été lors du covid, car il s’agit de l’intérêt commun. La question de nouveaux emprunts mutualisés est posée. Et pas encore résolue. 

 

 

 

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